24-11-2017 23:58:14

Washington conditionne le retrait de ses troupes en Syrie

mar 14 Nov 2017

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L’objectif de la coalition internationale était de battre le groupe terroriste Daesh : alors que celui-ci est en passe d’être atteint, les Etats-Unis font finalement savoir que leur départ est conditionné à une «progression» du processus de Genève.Après la prise par l’Armée syrienne et ses alliés de la ville d’Abou Kamal, dernière localité d’importance encore tenue par les djihadistes en Syrie, et alors que l’Etat islamique serait en passe d’être totalement battu militairement en Irak comme en Syrie, faut-il s’attendre à un départ de la coalition menée par les Etats-Unis ? Au lancement de son intervention en 2014, qui fut décidée sans le consentement des autorités syriennes, l’objectif officiel de cette opération militaire regroupant 22 pays était de «combattre Daesh» : Daesh battu, on pourrait donc s’attendre à ce que l’intervention touche à sa fin.Or, d’après le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, tel ne sera sans doute pas le cas. «Nous n’allons pas partir tout de suite», a en effet déclaré le général Mattis à un groupe de journalistes qui l’interrogeaient sur le sujet. Selon lui, les forces de la coalition attendront que «le processus de Genève ait progressé».En conditionnant un départ de la coalition à une «progression» du processus de Genève, au point mort depuis plusieurs années, Jim Mattis ne clarifie en réalité qu’un seul point : les troupes sous le commandement de Washington ne partiront pas de sitôt. D’autant que le général américain n’a pas précisé ce que les Etats-Unis considéreraient comme une avancée suffisante pour justifier leur départ.Washington mettrait-il la pression pour la réussite du processus de Genève ?«Il faut bien faire quelque chose maintenant à propos de ce bazar, et pas seulement s’occuper de l’aspect militaire et dire bonne chance pour le reste», a expliqué Jim Mattis. Le Pentagone, soucieux de ne pas réitérer le fiasco de l’intervention, entre 2003 et 2011, en Irak, qui avait laissé le pays en proie à l’instabilité et aux violences, semble cette fois décidé à donner l’image d’une opération maîtrisée de bout en bout.«Nous allons nous assurer que nous créons bien les conditions d’une solution diplomatique», a ajouté Jim Mattis, alors que Donald Trump et Vladimir Poutine ont publié une déclaration commune le 11 novembre dernier dans laquelle ils s’accordaient à reconnaître que la résolution de la crise syrienne ne saurait se limiter à une «solution militaire». Sur le papier, le nouveau cycle de pourparlers sur la Syrie qui se tiendra à partir du 28 novembre à Genève sous l’égide de l’ONU semble donc être l’échéance propice.Dans les faits, Washington n’ignore pas que sept sessions de discussion ont déjà été organisée par Staffan de Mistura, émissaire de l’ONU pour la Syrie et que malgré l’optimisme affiché par ce dernier lors de la dernière réunion en date, en juillet dernier, aucun accord réel n’a pu être trouvé entre les parties. En annonçant que la guerre contre l’Etat islamique ne prendra pas fin avec la défaite militaire de ce dernier, les Etats-Unis envoient donc un signal clair : la coalition ne quittera la Syrie que si les négociations de Genève aboutissent – les parties sont donc priées de s’entendre.La guerre finie, qui gagnera la paix ?Le processus de Genève entend discuter de l’application de la résolution 2254 de l’ONU qui évoque la mise en place d’«une autorité de transition dotée des pleins pouvoirs exécutifs». Il s’agit donc surtout de trancher l’épineuse question du départ ou du maintien de Bachar el-Assad. Autrement dit, Washington ne compte pas se retirer du théâtre syrien sans savoir avec certitude quels acteurs il y laissera.Cette prudence explique peut-être également que les Etats-Unis aient tant à cœur de voir les discussions essentielles se faire à Genève. En effet, si les pourparlers organisés par l’ONU n’ont pour l’instant permis aucune avancée, la conférence d’Astana organisée en mai dernier par la Russie, la Turquie et l’Iran, a notamment débouché sur la mise en place de zones de désescalade. Cette concurrence diplomatique, dans laquelle les rares succès ne sont pas à mettre au crédit des Occidentaux, pousse Washington à vouloir ramener les discussions dans le giron de l’ONU.Pourtant les discussion de Genève sont loin d’être en mesure de régler l’intégralité du conflit : elles ne portent ni sur le conflit entre Turcs et Kurdes, ni sur la guerre entre les Kurdes et l’État islamique, ni sur les rapports entre rebelles et djihadistes… Constatant la stagnation de ces pourparlers, c’est désormais la France, par la voix d’Emmanuel Macron, qui tente de proposer une troisième voie pour ces négociations. A l’heure où se décident les futurs équilibres politiques et diplomatiques dans la région, chacun semble conscient que ceux-ci dépendront grandement du cadre dans lequel seront obtenus les points d’accord permettant de résoudre la crise syrienne. Et la paix suscite au moins autant d’appétits que la guerre.

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