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Trump prêt à laisser à ses fils son opaque empire immobilier

mer 14 Déc 2016

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Donald Trump a promis d’abandonner à ses fils et d’autres responsables la gestion de sa vaste nébuleuse immobilière, mais cette promesse n’évitera pas les conflits d’intérêts, selon des analystes.

« Même si la loi ne m’y oblige pas, je vais abandonner mes affaires avant le 20 janvier pour pouvoir me concentrer sur la présidence. Deux de mes enfants, Don et Eric, plus des cadres, les dirigeront. Aucun nouveau contrat ne sera passé durant mon (mes) mandat(s) », a tweeté tard lundi le futur président américain. Il a néanmoins reporté à plus tard une conférence de presse prévue jeudi sur l’avenir de ses affaires.Les accusations de conflits d’intérêts pour le premier milliardaire à accéder à la Maison Blanche se sont multipliées depuis son élection. D’autant que sa société, la Trump Organization, est une nébuleuse non cotée en bourse, avec des activités dans 20 pays, de l’Ecosse aux Emirats, de l’hôtellerie au mannequinat en passant par clubs de golf et gratte-ciels résidentiels. La société ne donne aucun chiffre et, faute de déclarations d’impôts que le milliardaire a toujours refusé de publier, les données sont rares: selon PrivCo, spécialisée dans l’information sur les sociétés non cotées, la Trump Organization employait 22.000 personnes pour un chiffre d’affaires de 9,5 milliards de dollars en 2014.Le flou est tel que l’évaluation de la fortune de M. Trump est controversée: lui-même revendique 10 milliards, Forbes 3,7 et Bloomberg l’évaluait à 2,9 milliards en 2015. Le modèle économique est clair néanmoins, témoin du sens du marketing de l’homme d’affaires: loin des grands investissement des années 1980, comme la Trump Tower inaugurée en 1983, où siège la Trump Organization, sa société se développe aujourd’hui avant tout dans une activité de licence de son nom sur des projets qui ne lui appartiennent pas.Un exemple: la Trump Tower de Manille, un luxueux gratte-ciel de 57 étages actuellement en construction. Bien que non propriétaire, Trump a déjà reçu quelque 5 millions de dollars pour que la tour soit à son nom, selon CBS.Vendre l’entreprise familialeLe président philippin Rodrigo Duterte a même nommé au poste d’émissaire spécial aux Etats-Unis le président de l’entreprise philippine qui dirige le projet, Jose Antonio, alimentant les craintes de conflits d’intérêts. Avec les années, Donald Trump, qui dit « adorer les dettes », a aussi contracté de multiples prêts auprès de créanciers souvent difficiles à identifier, laissant craindre qu’ils puissent eux aussi influer sur le prochain président.Si les créanciers sont opaques, en revanche la toute-puissance de Donald Trump dans l’entreprise est claire, affirme William Klepper, professeur de leadership en entreprise à l’université Columbia. Donald Trump « est un commandant », « quelqu’un qui dit aux autres ce qu’il faut faire et ne demande pas nécessairement ce qu’ils pensent qu’il pourrait faire », dit-il. Un style « autocratique », « pas inhabituel pour une entreprise familiale », selon lui. Mais moins efficace dans des entreprises plus mûres ou à la tête du gouvernement américain où « on attend une approche plus collaborative ». Car aussi ramifiée que soit la Trump Organization, elle reste familiale avec, autour du président Trump, ses trois enfants, Donald Jr., Eric et Ivanka, tous vice-présidents.Si les derniers tweets semblent écarter Ivanka de la société, c’est parce qu’elle et son influent mari, Jared Kushner, devraient conseiller Donald Trump à la Maison Blanche, selon des médias américains. Les autres responsables de l’entreprise ont gagné leurs galons par leur dévouement au milliardaire. Matthew Calamari, chef des opérations, débuta ainsi en 1981 comme simple agent de sécurité, après avoir impressionné Donald Trump en neutralisant des perturbateurs à l’US Open de tennis.Loyauté aussi pour Allen Weisselberg, discret directeur financier du groupe, qui travailla pour le père de Donald Trump avant de rallier la Trump Organization comme contrôleur de gestion dans les années 1980. Pour l’ONG Public Citizen, qui prône la transparence en politique, confier l’entreprise aux fils Trump et renoncer aux nouveaux contrats n’empêcheront pas les conflits d’intérêts, puisque les avoirs existants resteront affectés par toute mesure gouvernementale qui toucherait à la fiscalité, au droit du travail ou des faillites. « La seule solution serait de vendre l’entreprise familiale », selon l’ONG.Judicial Watch, autre organisation pour la transparence, estimait cependant mardi « injuste » de presser Trump de détruire son empire. Mais elle l’appelait à « publier tout contrat » impliquant une agence fédérale ou un partenaire étranger et à « s’engager à ne jamais parler affaires avec ses enfants ».

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