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Appel au recomptage, pétition: le débat sur le système électoral américain

ven 25 Nov 2016

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Une ex-candidate à la Maison-Blanche souhaite recompter les voix de la présidentielle américaine dans le Wisconsin, quand d’autres appellent à réformer un système ayant permis l’élection de Donald Trump, qui a pourtant récolté deux millions de voix de moins que sa rivale Hillary Clinton.Le 9 novembre, Hillary Clinton reconnaissait sa défaite à la présidentielle, et la victoire de son rival républicain, Donald Trump. Elle n’est depuis pas revenue sur l’issue du vote. D’autres voix s’élèvent toutefois pour la remettre question. Une pétition, lancée sur le site Change.org, demande aux grands électeurs de choisir Clinton au lieu de Trump, le 19 décembre prochain. De son côté, l’ancienne candidate écologiste à la Maison-Blanche réclame un nouveau comptage des voix dans l’État du Wisconsin, où son équipe évoque des «anomalies», ainsi que dans deux autres États pivots, la Pennsylvanie et le Michigan. Un recomptage qui pourrait changer la donne: dans le Michigan par exemple, Donald Trump a devancé Hillary Clinton de seulement 10,704 voix, selon le secrétariat d’État local.«Il faut enquêter sur les résultats inattendus de cette élection et les anomalies recensées avant que l’élection 2016 ne soit validée» (le 19 décembre prochain par le vote des grands électeurs), affirme Jill Stein sur son site. «Ces dernières 48-72 heures, des experts en cybersécurité (…) nous ont donné des informations très troublantes sur la possibilité de failles en matière de sécurité dans les résultats électoraux à travers le pays», a expliqué son ancien directeur de campagne, David Cobb. Ces spécialistes s’interrogent sur la sécurité du vote électronique, selon leNew York Magazine. Un système qui remonte au XVIIIe siècleL’équipe de Stein a déjà réussi à lever plus de 4,6 millions de dollars pour demander un nouveau décompte dans ces trois États. Leur objectif est multiple mais il n’est sûrement pas de prouver que Clinton devait emporter la présidentielle. Pourtant, il vient remettre sur le tapis un fait indéniable, que certains partisans de Clinton crient haut et fort depuis des jours: si l’élection s’était déroulée au suffrage universel direct, Hillary Clinton aurait été la prochaine présidente des États-Unis. La démocrate a en effet recueilli deux millions de voix de plus que son rival républicain, selon les calculs du Cook Political Report.Rien ne dit qu’un nouveau décompte des voix dans ses trois États pivots changerait l’issue du scrutin. Mais l’affaire, qui relance d’une part la controverse sur la sécurité du vote après des soupçons de piratages orchestrés par la Russie, alimente aussi le débat sur sa légitimité. Pour rappel, aux États-Unis, les présidents ne sont pas élus en fonction du nombre de votes populaires récoltés, mais par 538 grands électeurs nommés par leur parti. Chaque État dispose d’un nombre de grands électeurs équivalant au nombre de ses sénateurs (deux par État) et des députés à la Chambre des représentants, dont le nombre varie en fonction de la population. Un candidat qui remporte la présidentielle dans un État (à quelques exceptions près) remporte tous les grands électeurs de cet État. Cette année, le président élu a ainsi remporté le vote de 306 grands électeurs, contre 232 pour Clinton. Un système qui remonte au XVIIIe siècle.«Cela pose la question: à quel point notre système est-il démocratique?», se demande Robert Schapiro, professeur de sciences politiques à l’université Columbia de New York, interrogé par l’AFP. Si la règle d’«une personne=une voix» est un pilier de la démocratie, le suffrage indirect à un tour modifie la donne, selon lui. «Dans un système de grands électeurs, chaque voix ne pèse pas autant que les autres. Les voix dans les États clés, qui sont une demi-douzaine et décident de l’élection, comptent clairement davantage que les voix dans les États acquis aux démocrates ou aux républicains», expliquait pour sa part récemment sur CNN Douglas McAdam, professeur de sociologie à l’université de Stanford. Le clan Clinton, sans doute épuisé et démoralisé, s’est jusqu’à présent refusé à se lancer dans le débat. Mais dans une interview au journal USA Today, l’ancien candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders estimait qu’il était temps de «repenser» ce système. Une pétition pour faire élire Hillary ClintonCar ce n’est pas la première fois qu’un candidat remporte le vote populaire sans être élu. En 2000 par exemple, le républicain George W. Bush s’était imposé face à Al Gore avec 47,9% des voix, contre 48,4% pour le démocrate. Faire évoluer ce système demanderait toutefois un amendement de la sacro-sainte Constitution, démarche complexe qui nécessiterait un vote au deux tiers du Congrès et le soutien de trois quarts des législatures étatiques, explique le site Politifact. Rob Richie, directeur de l’organisation FairVote, explique que l’on pourrait contourner cette réforme de la Constitution en redécoupant par exemple les cartes électorales.Les appels à l’évolution du système ne datent pas d’hier, et les défenseurs de ce dernier restent nombreux. En attendant, le collège électoral élira formellement Donald Trump le 19 décembre, un mois avant son investiture le 20 janvier. Et la pétition visant à faire pression sur les grands électeurs pour qu’ils votent Clinton plutôt que Trump a déjà été signée par plus de 4,6 millions de personnes. Techniquement cela est possible. Cette demande a cependant peu de chances d’aboutir, les grands électeurs restant, la plupart du temps, fidèles aux choix qu’ils ont promis de faire.

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