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Racisme : « National Geographic » fait son mea culpa

mar 13 Mar 2018

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La rédactrice en chef du magazine américain a fait appel à un professeur d’histoire qui a pointé les stéréotypes racistes publiés pendant des décennies.Du racisme et des regrets. C’est le bilan que dresse dans un éditorial Susan Goldberg, la rédactrice en chef de National Geographic, magazine américain de photographie et de reportages fondé en 1888, après avoir épluché les cent trente ans d’archives de la revue. Elle explique que sa publication a décidé de faire son « examen de conscience » à l’occasion d’un numéro spécial sur le concept de « races » — « le principe même de races est une hérésie scientifique et ne résulte d’aucune façon d’une différenciation biologique », rappelle-t-elle.Pour cela, les collaborateurs du National Geographic ont fait appel à John Edwin Mason, professeur d’histoire de l’Afrique et d’histoire de la photographie à l’université de Virginie. De l’étude des archives du magazine, il a tiré deux conclusions, énoncées dans l’éditorial :« Jusque dans les années 1970, “National Geographic” ignorait complètement les personnes de couleur qui vivaient aux Etats-Unis, ne leur reconnaissant que rarement un statut, le plus souvent celui d’ouvrier ou de domestique. Parallèlement à cela, le magazine dépeignait avec force reportages les “natifs” d’autres pays comme des personnages exotiques, souvent dénudés, chasseurs-cueilleurs, sorte de “sauvages anoblis”, tout ce qu’il y a de plus cliché. »
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« Stéréotypes de la culture blanche occidentale »Pour étayer ses propos, John Edwin Mason s’appuie notamment sur l’exemple d’un reportage réalisé en Afrique du Sud en 1962, dans lequel aucun Noir sud-africain ne s’exprime. A la place, les personnes noires représentées sont des domestiques, des ouvriers ou sont en train de danser.Il pointe aussi les « représentations glamour des femmes insulaires du Pacifique » faites par le magazine, les photographies sur lesquelles figurent des « autochtones “non civilisés”, apparemment fascinés par la technologie “civilisée” des Occidentaux ». Ou encore cette légende dans un reportage en Australie datant de 1916 : « deux Noirs sud-australiens : ces sauvages se classent parmi les moins intelligents de tous les êtres humains. »« Contrairement aux magazines comme “Life”, explique John Edwin Mason, “National Geographic” a très peu fait en sorte que ses lecteurs dépassent les stéréotypes de la culture blanche occidentale, poursuit l’éditorial. (…) “National Geographic” n’a pas organisé l’émancipation des préjugés que son autorité aurait permis d’organiser. »L’opération d’autocritique du National Geographic rappelle celle du New York Times. Après s’être plongé dans ses archives et avoir constaté que ses nécrologies étaient essentiellement consacrées à des hommes blancs, le quotidien américain a publié, le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les nécrologies de « quinze femmes remarquables » — telles que Diane Arbus, Charlotte Brontë ou encore Ida B. Wells — qui n’avaient jamais été écrites.
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