25-11-2017 00:00:22

Raouya défend son budget 2018

lun 13 Nov 2017

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Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, présentant hier le…
En exposant, hier, les grandes lignes du texte de loi de finances 2018 à l’APN, en vue du vote final qui interviendra dans quelques jours, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a indiqué que les réserves de change se sont établies à 102,4 milliards de dollars à fin septembre 2017, contre 103 milliards à fin août 2017 et 105,8 milliards de dollars à fin juillet 2017.
Les prévisions du ministre des Finances pour la fin de l’année font état d’un recul du matelas de devises à 97 milliards de dollars à fin décembre 2017, alors qu’il était de 114,1 milliards à fin décembre 2016 et 144,1 milliards de dollars à fin 2015. Une situation qui découle de la baisse des recettes de l’Etat, dans le sillage de la chute des prix du pétrole, ce qui impose au gouvernement, pour la seconde année consécutive, la confection d’un budget de crise, caractérisé notamment par l’introduction de nouvelles augmentations de taxes pour renflouer les caisses du Trésor public.
Une politique qui fait grincer des dents au sein de l’opposition qui accuse l’Exécutif de chercher encore une fois la facilité, en puisant dans la fiscalité ordinaire et en taxant les plus démunis. Des voix discordantes qui risquent de se perdre dans le brouhaha de la majorité parlementaire acquise à la démarche du gouvernement.
Fort de sa majorité qui devrait lui permettre d’avoir facilement le quitus de l’APN, à l’issue du vote du projet de loi de finances 2018, le gouvernement joue la carte de la sérénité et tente de rassurer quant aux impacts sociaux de la loi de finances en débat. En présentant, hier, le texte aux députés, le ministre des Finances a ainsi assuré que «le pouvoir d’achat des citoyens ne sera pas touché» par les nouvelles taxes contenues dans la mouture déposée sur le bureau du Parlement. Il faut se rappeler que les mêmes assurances avaient été données par son prédécesseur, M. Hadji Baba Ammi, l’année dernière, mais qu’elles ont vite été contredites par la réalité.
En effet, l’année qui s’achève a été particulièrement difficile pour les plus défavorisés, mais aussi pour les couches moyennes touchées de plein fouet par la flambée de tous les prix à la consommation, en raison des taxes introduites et de la spéculation qui s’en est suivie. L’importance du secteur informel, qui échappe au contrôle de l’Etat et qui constitue l’essentiel du maillage du secteur de distribution, a fait le reste. En dépit de ce constat alarmant, les locataires les plus en vue du palais Zighoud Youcef affichent un soutien partisan traditionnel au gouvernement. Une position exprimée en premier lieu par le FLN, dont plusieurs députés ont tenu à afficher, comme à l’accoutumée, leur soutien à l’Executif.
Le pouvoir d’achat a baissé de 60%, selon le PT
Les mêmes voix discordantes se sont aussi fait entendre au sein de l’hémicycle, lors du débat auquel se sont inscrits pas moins de 223 intervenants. Ainsi la représentante du Parti des travailleurs (PT), Nadia Chouitem, a estimé que le gouvernement taxe de plus en plus les couches les plus défavorisées et les salariés en augmentant notamment l’impôt sur le revenu global (IRG), alors que les plus nantis bénéficient du soutien de l’Exécutif qui leur accorde des baisses de l’IBS par exemple. La députée a accusé le gouvernement d’éroder le pouvoir d’achat des citoyens qui a, selon elle, baissé de plus de 60% depuis l’adoption de la loi de finances 2017. Des constats qui tranchent avec la vison du gouvernement et de sa majorité.
Il est à noter que le ministre des Finances a souligné une reprise relative des exportations en hydrocarbures qui a atteint 21,3 milliards de dollars dans le sillage de l’augmentation du prix du pétrole algérien à 50,6 dollars/baril en moyenne. Il notera un léger recul des importations de marchandises, passées de 31,7 milliards de dollars, à 30,8 milliards de dollars en 2017, ce qui a entraîné, selon lui, un ralentissement du déficit de la balance commerciale à 7,1 milliards de dollars.
Le ministre a évoqué également un recul du taux d’inflation qui s’est établi à 5,7% à septembre 2017 contre 6,5% durant la même période de l’année 2016. En dépit de ces chiffres, l’économie nationale devra, selon le ministre, faire face à plusieurs défis, à la lumière de la contraction de la liquidité, l’épuisement de l’épargne publique à compter de février 2017, et un recul des réserves de change, en raison de l’effondrement des prix des hydrocarbures sur les marchés internationaux ayant conduit à une réduction des recettes et mettant le Trésor public sous pression.
Pour le ministre des Finances, cette situation nécessite le maintien d’un niveau acceptable de croissance en vue de garantir une prise en charge adéquate de la demande sociale et la création suffisante d’offres d’emploi. Il est à rappeler que le projet de loi de finances 2018 a été élaboré sur la base d’un prix référentiel fiscal de 50 dollars le baril pour la période 2018-2020, avec un prix de marché de baril brut à 50 dollars en 2018 et de 55 dollars en 2019 et 2020.
Le taux d’inflation devrait, selon les chiffres fournis par le ministre, s’établir autour de 5,5% en 2018, 4% en 2019 et 3,5% en 2020. Le taux de croissance économique devrait, quant à lui, atteindre +4% en 2018, +4,1% en 2019 et 4,8% en 2020. Le PLF-2018 prévoit par ailleurs, une dépense publique de l’ordre de 8628 milliards de dinars en 2018 en hausse de 21% par rapport à la clôture de 2017, ainsi que 7562 milliards de dinars en 2019 et de 7369 milliards de dinars en 2020. En outre, le PLF-2018 prévoit une augmentation des recettes fiscales d’une moyenne de 10% annuellement pour la période 2018-2020.

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