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Le Djurdjura regorge d’eau

mar 14 Nov 2017

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Abdelkader Saâdallah, professeur chercheur en géologie, installé en Norvège, a annoncé, en septembre dernier, les résultats de son étude, lors d’une conférence à la faculté des sciences de la Terre de l’USTHB : une reserve de 60 milliards de mètres cubes d’eau, soit 60 fois le volume du grand complexe hydraulique de Beni Haroun, le plus important d’Algérie, estimé à 1 milliard de mètres cubes.
Le mot Djurdjura signifie en berbère «tas de pierres». L’annonce de l’existence de réserves aquifères importantes dans ce massif de la chaîne de l’Atlas devrait changer le regard sur la région : de la pierre donc, mais aussi d’immenses réservoirs d’eau.
Le professeur chercheur en géologie, Abdelkader Saâdallah, installé en Norvège, a annoncé, en septembre dernier, les résultats de son étude, lors d’une conférence à la faculté des sciences de la Terre de l’USTHB : 60 milliards de mètres cubes d’eau, soit 60 fois le volume du grand complexe hydraulique de Beni Haroun, le plus important d’Algérie, estimé à 1 milliard de mètres cubes.
L’annonce a fait réagir des citoyens mais aussi les autorités. Invité du forum d’El Moudjahid, le ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, a affirmé qu’il y a eu un débat «très intéressant» entre le chercheur et les experts du département. «Je peux dire que scientifiquement cette étude est très sérieuse et très intéressante», estime M. Necib, précisant que l’étude nécessite un «approfondissement» pour confirmer l’existence de cette réserve. «Nous sommes prêts à mettre les moyens nécessaires à cet effet», a-t-il poursuivi.
Le géophysicien distingue deux phases dans son travail de prospection nécessitant la mise en place d’importants moyens : un volet recherche approfondie et un autre de recherche pratique pour l’exploitation. «Les deux volets sont étroitement liés. Dans notre programme de recherche proposé par les deux universités, celles de Tizi Ouzou et de Constantine, nous avons tenu compte de ces deux aspects.
Les premiers résultats dans un délai de 1 à 2 ans vont aboutir notamment à un programme d’une demi-douzaine de forages superficiels (moins de 50 m de profondeur) pour estimer l’épaisseur de la couverture étanche que nous nommons ‘‘l’Eocène molassique’’ depuis son apparition dans la région de Haizer sur une petite distance vers l’Ouest et sur trois côtés : supérieur, flancs nord et sud», indique-t-il (voir entretien). L’étude du géoscientifique pose le problème de l’existence de réserves d’eau non conventionnelles et leur exploitation. Dans la région du Djurdjura et dans les autres massifs du pays.
Les réserves perchées exploitables
Au-delà du massif du Djurdjura lui-même, «il y a, précise l’expert, la question vitale de la recherche des réservoirs perchés. La question à laquelle les géoscientifiques doivent répondre immédiatement : est-ce que les conditions minimales sont réunies pour l’existence de réservoirs perchés dans les régions comme les Aurès, l’Ouarsenis, Babors, Zaccar et d’autres ? Et cela par des études de cartographies géologique et structurale sans avoir recours, dans un premier temps, à des prospections électriques».
Dans un contexte de sécheresse, les réserves qui pourraient être découvertes à l’avenir peuvent être exploitées avec moins de frais pour les autorités. Quand on connaît la situation actuelle du barrage de Taksebet (30% de taux de remplissage) et au-delà, dans les autres wilayas du pays, les autorités ont montré leur intérêt pour l’étude du scientifique qui permet, à terme, l’exploitation des «réserves perchées».
Pour M. Saâdallah, la méthode, qui consiste à aller vers les bassins des plaines pour puiser jusqu’à épuisement les ressources hydriques, pour ensuite les pomper sur des dénivelés de plusieurs centaines de mètres de hauteur pour alimenter les villes et villages des sommets des montagnes, comme si l’énergie est inépuisable et gratuite, n’est plus possible.
Les réservoirs perchés permettent d’alimenter en eau par gravité sans dépense énergétique, précise l’expert. Le chercheur est partisan des «techniques simples», compatibles avec le développement local, pour augmenter la recharge des nappes souterraines par les eaux de ruissellement, au lieu de les diriger vers des barrages en béton «d’un coût excessif et d’une durée de vie limitée par l’envasement extrême».

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